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Les St-Gobain Thourotte reconnus dans leur combat contre l'amiante !
Publié le 22 octobre 2021

103 salariés de Saint-Gobain à Thourotte obtiennent 8.000 euros de dommages et intérêts pour avoir été exposés constamment à de l’amiante pendant leur travail.

La Cour d’appel d’Amiens a rendu son arrêt le 5 octobre. La juridiction vient de reconnaître l’exposition à l’amiante pour tous les salariés de Saint-Gobain. Ainsi les 103 salariés engagés dans cette procédure ont obtenu chacun 8.000 euros de dommages et intérêts. La société sera également contrainte de délivrer à chacun une attestation d’exposition à l’amiante, qui leur permettra un suivi de santé post-professionnel.

«Obtenir cette reconnaissance de notre exposition à l’amiante, ce n’était pas acquis. C’est une grande victoire pour nous. Nous allons pouvoir bénéficier d’un suivi post-professionnel et d’une prise en charge par l’Assurance maladie», se félicite Jean-Claude Patron, le président du collectif Amiante.

Jusque là, la firme n’avait reconnu une exposition que pour une petite partie de son personnel. Comme les maçons-fumistes, auxquels appartenait Max Klein. «J’ai travaillé pendant 41 ans à Saint-Gobain. J’étais chargé de l’entretien des fours.

La température des fours pouvait monter jusqu’à 700 degrés. Nous avions des combinaisons, des gants composés d’amiante parce que c’est un matériau qui résistait bien à la chaleur et qui se trouvait assez facilement», raconte Max Klein.

«En plus des équipements du personnel, les machines aussi étaient protégées par l’amiante, assure Jean-Claude Patron. Maintenant, nous ne sommes pas en train de dire que Saint-Gobain nous a exposés à l’amiante pour nous faire mourir. Mais nous avons été exposés à ce produit parce qu’il était efficace pour lutter contre la chaleur et qu’il était bon marché.»

 

«Une boîte comme Saint-Gobain ne pouvait pas ignorer les dangers de l’amiante»
Mais rapidement, les consciences s’éveillent autour des dangers de l’amiante. «Au début, quand les gens ont commencé à tomber malades, on nous disait qu’il n’y avait que les gros fumeurs qui présentaient des risques. Mais on a vu par la suite que ce n’était pas vrai. Des gens qui n’avaient jamais fumé de leur vie ont été malades à leur tour», raconte Jean-Claude Patron.

Ce dernier évoque un bilan très lourd parmi les salariés de Saint-Gobain. «Il y a eu des dizaines de décès et une centaine de malades. Beaucoup ont été voir un pneumologue et beaucoup se sont découvert des soucis liés à l’amiante. Et sur les radios, c’est très caractéristique», insiste le président du collectif Amiante.
Et rapidement, les salariés se saisissent de la question.

«Ça fait presque 20 ans que nous en parlons. Au début, on en parlait à cause du désamiantage du campus de Jussieu à Paris. On a vu le désamiantage des faux plafonds. Et nous, on utilisait déjà beaucoup ce matériau. C’est là qu’on a commencé à se dire que c’était dangereux. Mais ce n’est qu’en 1997 que l’interdiction de l’amiante a été prononcée. Mais elle n’a pas été retirée pour autant. Et une boîte comme Saint-Gobain ne pouvait pas ignorer les dangers de l’amiante. Pourtant jamais personne n’a émis de réserves à l’usine sur l’utilisation de l’amiante.»

Grâce à l’action de ce collectif, la justice vient de reconnaître l’exposition de tous les salariés de Saint-Gobain à l’amiante. Dans cette procédure, 103 salariés ont obtenu des dommages et intérêts. Jean-Claude Patron annonce qu’une autre procédure est lancée devant les prud’hommes de Compiègne.

Cette fois, une autre cinquantaine de salariés demandent des dommages et intérêts pour avoir été exposés à l’amiante.