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Vayres : Visite de Philippe Martinez, et avenir de la filière verre.
Publié le 26 octobre 2020

Sur la rive droite bordelaise, elle se fait discrète. La verrerie de Vayres, de la société O-I Manu- facturing, fabrique pourtant autour de 475 millions de bouteilles à l’année, dont une immense majorité destinée aux domaines viticoles girondins ou du Co-gnaçais. Vendredi dernier, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, est venu visiter ce site industriel imposant et discuter avec sa direction.

Et ce n’est pas pour ses chiffres vertigineux qu’il a effectué le déplacement. Depuis quelques mois,lesecteurdelaverrerie fait face à de grandes difficultés économiques.

Une situation inconcevable pour le leader de la première confédération syndicale française en nombre d’adhérents. « Ici, on a des atouts en or dans les mains », martèle le moustachu. « Soit on s’en sert y compris en forçant la main des entreprises [...], soit tout ce que l’on peut entendre sur l’industrie, sur le social, sur l’écologie, ce sont des discours simplement politiciens », explique-t-il.

« Difficultés du secteur » Le Francilien s’est donc entretenu avec la direction une bonne heure ce vendredi matin. Dans quel but ? « J’ai insisté sur deux aspects : l’industrie, c’est essentiel pour un pays, notamment des industries localisées. Et puis, les questions sociales et environnementales sont de plus en plus présentes dans le débat public.

Et le verre, d’un point de vue écologique, a beaucoup d’avenir. » Pourtant, il connaît aussi beaucoup de remous.

À 130 kilomètres de Vayres, un plan de restructuration au sein de l’usine de Verallia à Châteaubernard (près de Cognac) se traduit par la perte d’un four et la suppression de 80 emplois. D’autres postes doivent être touchés chez le leader mondial de l’emballage en verre. Le contexte est morose.

À Vayres, le délégué syndical central Stéphane Leroy alerte depuis plusieurs mois sur cette santé éco- nomique fragile, aggravée par la crise sanitaire.

Depuis juin, un four y est toujours à l’arrêt. La réunion du 23 octobre fut l’occasion de savoir « si un plan de sauvegarde de l’emploi se projetait dans les se- maines, les mois ou les années à venir », indique-t-il.

Il n’y aurait pas eu de réponse claire de la direction, laquelle nous a simplement livré que la venue de Philippe Martinez « fut l’occasion d’un échange constructif sur l’engagement d’O-I et sur les difficultés du secteur, ajoutés à celles du contexte Covid », dixit Philippe Mandavit, responsable des res- sources humaines, joint par télé- phone ce vendredi. Stéphane Leroy pointe en tout cas l’appel à des contrats de plus en plus « précaires » au sein de l’usine vayraise, tout particulière- ment des intérimaires qui consti- tueraient aujourd’hui, plus de 13 % du personnel total, selon le syndicaliste. Verre versus plastique La CGT regrette qu’à une époque où le plastique devient banni et alors que le contexte sanitaire a fait ressurgir l’importance d’une industrie locale, ce type de verre- rie ne soit pas davantage porté par les pouvoirs publics. « Nous connaissons une problématique d’importations massives alors même que la raison voudrait que cette industrie soit localisée », estime Mohamed Oussedik, secrétaire géné- ral verre et céramique au sein de la CGT. Selon lui, la France importerait aujourd’hui 30 % de produits verriers contre 6 % il y a 20 ans. Selon lui, « les clients du secteur viticole préfèrent des fournisseurs à proximité pour leur faible empreinte écolo, parce que c’est du circuit court. » Et le syndicaliste de conclure : « Dans les paroles des politiques, on entend qu’il faut re- localiser, qu’il faut notre indépen- dance énergétique. Mais dans les actes, c’est du pipeau... »