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Kéraglass : Les négociations se poursuivent, la mobilisation s'amplifie !
Publié le 25 janvier 2020

Drapeaux, brasero, sirène et banderoles, les salariés de Keraglass comptent bien se faire voir et entendre par leurs dirigeants responsables du projet de licenciement de 50 salarié-es. Depuis le 13 janvier, un piquet de "vigilence" a été mis en place devant le site verrier, sans toutefois de blocage des entrées et sorties.

Comment une direction et ses actionnaires en sont arrivés à détruire un tel bijoux industriel et commercial ?

Il y a trois ans seulement l’entreprise leader mondial de la plaque de cuisson en verre à induction investissait 60 millions d’euros pour la construction d’un nouveau four et l’embauche de 60 salariés.

Toutefois, l’exercice de 2019 se serait traduit par une baisse d’activité et une absence de bénéfices. « Certes l’entreprise a perdu peu à peu des parts de marché et l’année dernière a été mauvaise en termes de résultats mais avant cela Keraglass réalisaient 30 millions d’euros de bénéfice annuel pendant 20 ans », souligne Hugo, amer. « Les dirigeants ont vu trop grand avec la construction de ce troisième four et aujourd’hui ce sont les salariés qui paient leurs mauvais choix », ajoute l’électricien salarié de Keraglass depuis 33 ans.


« Que les salariés partent décemment »

« Le PSE est là, nous n’avons pas le choix, poursuit Sébastien qui travaille à la fabrication. Aujourd’hui on se mobilise pour que les gens puissent partir décemment qu’ils puissent se reconvertir, se faire embaucher par d’autres entreprises du groupe ou créer leur entreprise ».

Alors que les négociations ont commencé en décembre, les salariés ont décidé d’intensifier leur mobilisation en entamant ce qu’ils appellent « un piquet de vigilance » depuis le 13 janvier.

« Ces dernières années le marché s’est repositionné, le prix des matières premières comme le lithium s’est envolé et le verre low-cost chinois a fait une percée, explique Sébastien, salarié depuis 10 ans. Mais à Keraglass, nous nous situons dans le moyen-haut de gamme, on ne peut pas faire de comparaison avec le verre chinois ».


« Un PSE rouleau-compresseur »

Depuis le début de la mobilisation, les salariés se relaient sur leurs temps de repos pour maintenir le piquet de rassemblement devant l’usine.

Fréquemment, les automobilistes qui passent devant l’usine font tinter leur klaxon pour soutenir les salariés.

« Pour le moment, on ne bloque pas l’usine, on se rassemble pour se serrer les coudes », précise Nicolas Bruant, délégué syndical CGT.

Certains salariés se sont mis en grève lors de la journée de mobilisation nationale du jeudi 16 janvier. « On attend de voir ce que donnent les négociations, nous sommes bien accompagnés (avocat, comptable) pour affronter le rouleau-compresseur que constitue ce PSE », ajoute le délégué syndical.


« Négociations régulières »

De son côté, le maire de la commune Claude Jamet explique « souhaiter que la situation s’arrange avant d’ajouter : Cela commence à faire beaucoup. Depuis les années 1980, ce sont environ 2 800 emplois qui ont été supprimés sur la commune ».

« Ce qui est rageant, c’est que nous ne payons pas à cause de notre production qui est très bonne mais à cause ventes qui ne suivent pas », insiste Sébastien. Contactée, la direction de l’entreprise a signifié que : « la procédure d’info-consultation était en cours et que les négociations sont régulières avec les élus syndicaux ».

Ce vendredi 24 janvier, 12ème jour de mobilisation, les salarié-es de Kéraglass étaient en Assemblée générale, pour faire le point sur les mesures proposées par la direction. L'objctif étant toujours de diminuer le nombre de licenciement et d'obtenir des mesures d'accompagnement d'un haut niveau tant en terme de reclassement, de formation, de reconversion professionnelle que de prime de départ.