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Amiante : Victoire des salariés de Saint-Gobain
Publié le 4 juin 2019

La verrerie de Saint-Gobain(Verre Plat automobile et batiment) basée à Thourotte va devoir indemniser ses anciens et actuels salariés exposés aux fibres cancérogènes à hauteur de 20 000 €. Le tribunal a reconnu ce lundi leur « préjudice d’anxiété ».

Dans la salle du tribunal des prud’hommes de Compiègne, les mines graves laissent peu à peu place à un sourire satisfait. Quelques applaudissements retentissent. Cette fois, les salariés de Saint-Gobain ont été entendus. Et leur « préjudice d’anxiété » lié à l’exposition à l’amiante reconnu.

Le tribunal a condamné ce lundi la société implantée à Thourotte à indemniser les employés au titre de la violation de l’obligation de sécurité. 128 ex et actuels salariés doivent désormais percevoir une indemnisation de 20 000 € chacun. Soit le montant réclamé lors d’une audience en janvier.


« On a gagné »

Une « grande victoire » pour ces salariés exposés pendant des années aux fibres cancérogènes de l’amiante. « On a gagné, souffle Jean-Claude Patron,  syndicaliste CGT de Saint-Gobain, fer de lance de ce combat entamé il y a dix ans. On ne pouvait pas espérer plus. »

« Ce qui compte, c’est que nous sommes enfin reconnus comme malades, apprécie confie ce salarié de Saint-Gobain. Et puis, les veuves et veufs ne sont pas oublié-e-s. » Cinq d’entre eux avaient constitué un dossier.
« Une victoire qui ouvre la voie à d’autres condamnations »

« C’est une grande victoire, au-delà de nos attentes, apprécie Me Élisabeth Leroux, avocate des salariés de Saint-Gobain. L’indemnisation est la même pour tous et le tribunal n’a pas fait de distinction dans la nature de l’exposition à l’amiante. » Une victoire d’autant plus importante que la reconnaissance du « préjudice d’anxiété » était loin d’être acquise pour ces salariés.

Jusqu’ici, il n’était reconnu qu’aux employés travaillant dans un établissement « classé amiante ». Avant que la Cour de cassation ne se prononce, en avril, pour l’élargissement à tous les travailleurs de l’amiante. « Un revirement qui ouvre la voie à d’autres condamnations », souligne l’avocate, à l’origine de ce concept de préjudice. Saint-Gobain a désormais un mois pour faire appel de la décision.

La Fédération CGT Verre-Céramique salue cette victoire et appelle les syndicats CGT, ainsi que les associations de défense des victimes de l'amiante à démultiplier les procédures pour faire réintégrer dans leurs droits les salarié-e-s victimes de l'amiante et des politiques des employeurs qui ont gravement nuit à la santé des salarié-e-s.

Cette lutte rejoint celle des verriers de Givors et plus globalement celles de la Fédération contre les produits chimiques, l'exposition aux produits toxiques dont les graisses et fumées de graisses, la sillice cristaline et les CMR.

Une enquête a aussi été lancée par la Fédération contre les Risques psycho sociaux, elle sera suivie de mobilisations des CSSCT et de procédures dans le cas où des négociations ne s'ouvrent pas dans les branches et les entreprises sur ces sujets.

Bravo aux militantes et militants CGT impliqué-e-s dans ces batailles au travers de leurs syndicats ou des associations de victimes des politiques patronales contre la santé et la sécurité des salarié-e-s.