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Meeting Industrie Emerchicourt.
Publié le 5 octobre 2016

Cela fait maintenant une dizaine d’années que la CGT, notre Fédération se sont engagées dans la bataille pour une nouvelle conception de l’industrie, des filières et de leur place dans les activités économiques.

Et il y a urgence.

Depuis 2012 ce ne sont pas moins de 887 usines qui ont fermé, signe que la débâcle industrielle engagée depuis 2009 n’a pas été stoppée.

Nous constatons combien les politiques engagées n’ont eu aucun impact positif sur la politique industrielle de la France, bien au contraire.

Nous avons là toutes les preuves que le libéralisme, peu importe sa qualification, n’a rien de social et n’est absolument pas la réponse aux difficultés et enjeux auxquels nous sommes confrontés.

La bataille pour la réindustrialisation, les syndicats du verre et de la céramique avec leur Fédération la mènent notamment à partir des priorités que sont les questions de l’emploi, la formation, l’augmentation des salaires et la reconnaissance des qualifications.

L’évolution de nos systèmes de production et  l’exigence de qualité des produits fabriqués  nécessitent une  formation de base de plus en plus élevée.

La technicité s’imposant, les niveaux de formation nécessaires ne font qu’augmenter.

Autonomie, polyvalence, compétence, expérience sont devenues des critères indispensables pour être embauchés qui doivent être reconnus.

Cela en appelle à notre capacité de s’approprier les enjeux résultant de la mise en œuvre des Sections Paritaires Professionnelles, et à notre implication dans la construction des Certificats de Qualification Professionnelle.

Formation continue qui doit impérativement être qualifiante, alors que dans nos branches professionnelles est organisée la Smicardisation des grilles.

Sur cet aspect, nous sommes d’ailleurs en cours de négociation d’un accord de classification dans la branche du verre mécanique où la CGT porte la reconnaissance des qualifications acquises par formation et expérience.

Pour un positionnement des niveaux d’éducation nationale, mais aussi des diplômes, titres, certificats de l’éducation nationale, des certifications à finalité professionnelle ou certificats de qualification professionnelle CQP CQPI dans la grille des classifications.

Avec l’exigence d’une reconnaissance dans le cadre des situations de polyvalence ou polycompétences professionnelles, au niveau de la qualification la plus élevée que le ou la salarié-e met en œuvre dans son travail 

Donc en tenant compte des savoirs, savoir-faire et compétences que le ou la salarié-e possède pour tenir l’ensemble de son emploi.

Sur les aspects de recherche et d’innovation, il est primordial que la France rattrape son retard.

Il faut donc donner aux entreprises les moyens de se développer en accédant aux marchés publics, aux crédits et à la recherche.

Cette dynamique doit être enclenchée dans un plan cohérent en faveur du développement durable respectueux de l’environnement et d’échanges mutuellement avantageux entre les pays. 

Nos métiers du verre et de la céramique n’échappent pas au recul de l’investissement dans la Recherche et le Développement.

Nous pouvons nous interroger sur les dernières grandes innovations dans nos métiers…

Le photovoltaïque qui aurait pu être une possibilité de développement, compte tenu des choix et stratégies opérés est aujourd’hui massivement produit en Chine, dans des conditions de production condamnables et pour un résultat qualitatif des produits plus que douteux.

Dans nos professions du Verre et de la Céramique, force est de constater qu’en majeure partie la satisfaction des besoins dépend de filières d’activités pour lesquelles des propositions concrètes de relances économiques sont urgentes et possibles.

Fabrication du verre plat, miroiterie, transformation du verre, fibre d’isolation, carrelage, céramique sanitaire, tuiles et briques, et derrière eux bien d’autres secteurs d’activité que couvre notre Fédération relèvent du bâtiment, de la construction ou de la rénovation de logements. 

N’y a-t-il rien à faire dans ces domaines, alors que le nombre de sans-abris et de mal logés ne cesse de s’accroître, que le logement social fait défaut ?

Dans les autres filières, le secteur de l’emballage principalement destiné à l’agro alimentaire, la parfumerie, la pharmacie, le secteur des arts de la table et des équipements de la maison,  les verres ou céramiques à usages techniques divers…

La filière  de l’automobile avec notamment les fabrications de pare-brises, lunettes arrière et vitres latérales, phares, fibres de verre de renforcement et autres éléments équipant les véhicules.

Nous sommes porteurs de nombreuses propositions pour renforcer les productions, participer à défendre et renforcer l’emploi quantitativement et qualitativement.

Améliorer les conditions de travail et de vie des travailleuses et travailleurs, pour gagner en efficacité et productivité pour développer l’entreprise pour mieux répondre aux besoins.

Fort des batailles que nous avons menées, la relocalisation de production est possible et nous en avons quelques exemples.

Certaines entreprises avaient misé sur la délocalisation d’une partie de leurs productions sur des pays où les garanties sociales et salariales se trouvaient très en deçà de ce que nous avons dans notre pays.

Depuis elles ont du faire marche arrière compte tenu, entre autre, de la différence de qualité et de réactivité nécessaires pour servir les exigences de leur clientèle.

D’autres productions, externalisées après des fermetures de sites ou d’ateliers, ne pouvant être maitrisées et qui ne satisfaisaient pas aux besoins et normes françaises, ont dû être relocalisées pour être contrôlées et remises en conformité.

Je pense notamment à SEDIVER et Arc International.

Ces dernières années la Fédération s’est engagée et à peser dans nombre de dossiers pour la pérennisation le développement de site industriel comme à COORSTEK, Arc International, Les verreries de Manières, SGD, AGC, Saint Gobain, Verallia, Les émaux de Longwy, pour ne citer que ceux-là.

Et aujourd’hui comme pour l’usine d’Aniche, Emerchicourt disons l’usine d’en haut avec le redémarrage de son four, les enjeux se portent sur les conditions d’exécution des productions et de leur pérennité.

Sauver un site industriel de la fermeture doit être considéré comme une victoire mais ne doit pas être une fin en soit.

Il est primordial que la poursuite d’activité se développe à partir de notre cahier revendicatif commun.

Pour cela nous devons nous appuyer sur les campagnes  du coup du Capital, de la transformation du travail, du Code du Travail du 21ème siècle et la toute dernière : la réduction du temps de travail à 32h.

Ces campagnes, il nous faut les mettre en œuvre, non pas les unes accolées aux autres mais les unes reliées aux autres, ce qui fonde notre revendication de développement humain durable, avec le statut du travailleur salarié, la sécurité sociale professionnelle.

Or, cela nécessite de rompre avec l’approche libérale par laquelle ces questions sont traitées.

Les enjeux de politiques industrielles, politique énergétiques, politiques de transports doivent faire l’objet d’initiatives fortes et ambitieuses.

Depuis plusieurs décennies, la pression des actionnaires a entraîné l’industrie vers une dérive financière.

Retrouver le chemin d’un financement pérenne des activités industrielles passe par le desserrement des contraintes d’exigences de rentabilité des financiers qui pèsent sur l’industrie et, plus globalement, sur l’économie et le social.

Il n’est plus tenable que les choix de gestion et d’orientations ne soient dictés que par les profits qu’ils peuvent engendrer, pour répondre au dogme de l’économie mondialisée,….. des actionnaires.

Le MEDEF et ses alliés surfent aisément sur la situation économique, exploitant la crise pour accélérer et amplifier toutes les remises en causes.

Au fur et à mesure des annonces de suppressions d’emploi, de fermeture d’entreprises, le MEDEF et ses  alliés crient, à qui veux bien les entendre, que la situation est catastrophique,  que les entreprises sont en danger, et en redemandent encore et toujours plus.

Leurs arguments : il faut libérer le travail de toutes contraintes, il faut moderniser le marché du travail, l’assouplir, il faut réviser le coût du travail, il faut réduire l’endettement de l’état, etc.… etc.…

Ceci alors que dans le même temps les entreprises, notamment du CAC 40, engrangent des profits comme jamais, que la bourse retrouve sa vitesse de croisière d’avant crise.

Malheureusement, certains ont cédé et cèdent encore aux revendications patronales, à commencer par le gouvernement, le Président de la République avait pourtant axé sa campagne électorale sur le changement, mais également des organisations de salarié-e-s au travers de la conclusion d’accord tel que la sécurisation de l’emploi.

Et la toute dernière Loi Travail

Je ne vais pas m’étendre sur le sujet.

Nous sommes tous ici convaincus des méfaits de cette LOI.

Et de l’engagement a développé pour y faire barrage.

La conquête de nouveaux droits pour les salarié-e-s fait également partie de l’ensemble des mesures à mettre en œuvre pour le développement industriel du XXIème siècle.

Besoins de nouveaux droits qui ne soient pas conditionnés à la remise en cause des garanties, individuelles et collectives, des acquis comme le permet la Loi Travail.

Obtenir de nouveaux droits ca participe au changement du travail.

Renforcer le pouvoir d’expression et d’intervention des salarié-e-s et de leurs représentant-e-s dans les domaines susceptibles d’influer sur la marche générale de l’entreprise ça change le travail.

Gagner et sécuriser le droit au travail, le droit à la sécurité et santé des travailleurs et travailleuses tout au long de leur vie professionnelle, ca change le travail.

Agir pour que l’exécution du travail soit vécue comme une source de bien-être et d’épanouissement personnel et collectif, et non comme un lieu de souffrance et de pénibilité physique, psychologique et morale, ca change le travail.

Economiquement quand on y regarde de plus près, ce qui pèse le plus sur les entreprises ce ne sont pas les cotisations sociales mais les charges financières que sont les dividendes versés aux actionnaires et intérêts des banques. 

Depuis 30 ans, la part de la richesse créée qui est passée de la poche des salarié-e-s à celle des banquiers et des patrons n’a cessé d’augmenter, tout comme les bénéfices qui sont redistribués aux actionnaires au détriment de la recherche, du développement, de la formation, de l’investissement dans l’appareil productif.

C’est cette logique qu’il faut inverser !

C’est tout l’objet de notre campagne sur le cout du Capital.

Il faut une autre politique industrielle comme le revendique la CGT.

Une politique industrielle qui ne soit plus au service du Capital, mais une politique industrielle qui prenne en compte :

L’emploi et une production aux services des besoins.

Les êtres humains ont tous des besoins à satisfaire. 

Nous avons à nous nourrir, nous vêtir, nous loger, nous éduquer, nous cultiver, nous soigner, nous déplacer, nous reposer …….

Pour cela il faut avoir un revenu suffisant, pour soi, pour ses proches et donc avoir un travail.

Pour satisfaire ces besoins, il faut des produits et des services disponibles et de qualité.

Cela implique de les concevoir et de les produire.

Il ne s’agit pas de tout faire par nous même, mais faire en sorte que les échanges utiles et nécessaires entre pays se fassent dans un cadre respectueux des particularités de chacun, mais également à partir de règles sociales communes, pour le progrès social.  

Il est également indispensable de relancer conjointement la conception et la production, en impulsant la recherche, en développant les capacités d’innovation, en intégrant la gestion de tout le cycle de vie du produit de biens d’équipements et de consommations.

Produire au plus près des lieux de consommation revêt une multitude d’intérêts : cela est plus écologique, économique,  cela participe au développement des territoires, cela permet également aux consommateurs et consommatrices de se réapproprier la chaine de production.

Cela en appelle également à porter la réflexion du développement industriel à partir de filières de production, et repenser l’aménagement du territoire.

Au choix de société, au type de société que nous voulons.

Et assurément en ces temps de campagne électorale présidentielle, il y a des chemins auxquels nous sommes résolument hostiles.

Pour finir. 

Plus que jamais les salarié-e-s ont besoin d’une CGT forte.

Dès lors, la question de notre représentativité.

Représentativité élective, et syndicale se pose.

La syndicalisation est un enjeu majeur.

Notre Fédération vient de lancer un programme d’envergure consistant à organiser dans tous ses syndicats une journée de travail sur ce sujet, et je profite de cette initiative pour solliciter les syndicats ici présents afin qu’ils s’inscrivent dans cette dynamique. 

Pour poursuivre ce travail engagé, nous somme également en réflexion sur l’évolution de notre champ fédéral.

Il ne s’agit pas de faire de la syndicalisation pour de la syndicalisation, mais d’être convaincu des enjeux politiques que cela suscite.

Une fois convaincu, développer, s’investir dans une démarche de syndicalisation n’apparaitra que plus nécessaire et primordiale.

La syndicalisation c’est avant tout nous permettre la mise en œuvre du syndicalisme que nous revendiquons, qui se veut être de masse, participatif, démocratique.

Le renforcement syndical c’est le pilier de la construction du rapport de force, c’est nous garantir notre indépendance, c’est nous doter des moyens humains et financiers pour mener une activité de haut niveau.

C’est le gage dans l’intérêt des salarié-e-s qu’une CGT encore plus forte sera en capacité de construire avec eux le rapport de force qui nous permettra de transformer la société.